mercredi 30 janvier 2008

Ça y est

Vous étiez plusieurs à vous en douter. Même si j'ai tout nié jusqu'à ce jour, je dois vous dire que vous aviez raison.

Je vous disais depuis un an déjà (je crois) que Geneviève et moi étions uniquement des fuck-friends. Qu'il n'y avait qu'une attirance sexuelle entre nous deux. C'était vrai la première fois que je vous l'avais dit... Mais depuis... Il y a l'amour qui s'est installé entre nous deux.

Chacune de notre côté, je crois qu'on essayait de se faire à croire que tout ça, c'était physique... Mais le destin a voulu qu'on se fasse une déclaration d'amour pas ordinaire. Attendez que je vous raconte...

C'était samedi dernier. J'étais allée dormir chez Geneviève. Comme Lili aime bien avoir l'appartement pour, humm, baiser avec son chum, et que Geneviève n'a pas de coloc, on finit presque toujours par aller coucher chez elle. (Surtout qu'elle n'est pas au courant que Geneviève et moi on est intime.) Cette nuit-là, on a baisé comme des diablesses et on s'est endormi l'une contre l'autre.

Lorsque le matin est venu, j'ai entendu cogner à la porte. Comme j'étais endormie, je ne me suis pas rappelé que je n'étais pas chez moi. J'ai alors enfilé une robe de chambre et je suis allée répondre.

Ce n'est lorsque j'ai vu le visage de cette personne que j'ai réalisée ce que j'avais fait. C'était la mère de Geneviève. (Je l'ai reconnu parce que je l'avais déjà vu une fois.)

— Julie, c'est ça? Qu'est-ce que tu fais ici? me dit-elle rapidement.
— Heummm. Gen et moi, on est allé danser dans une discothèque. Comme j'étais trop saoule pour me rendre chez moi, elle m'a invitée à coucher dans le salon.
— Geneviève dort toujours?
— Oui.

Mais en rentrant, elle est allée à la chambre de bain. Et en revenant, elle m'a regardé et elle m'a demandé :

— Tu as dormi où, tu disais?
— Dans le salon... Pourquoi? répondis-je incrédule.
— Parce qu'il y a pas de couverte, de lit ou quoi que ce soit pour dormir dans le salon.

Elle nous avait démasqués... Je l'ai alors invité à venir dans la cuisine. On s'est assise l'une en face de l'autre. Et dans l'espoir de ne pas empirer notre situation, j'ai joué carte sur table.

— Et bien, Gen et moi, on a dormi dans le même lit... Collée l'une contre l'autre...

Et pour éviter quelconque confusion, je l'ai cru bon de rajouter :

— Et on ne portait pas de vêtement.

Elle a pris une longue inspiration. Et elle s'est mise à réfléchir. Elle avait l'air un peu troublé. Je la comprends. Les parents ont toujours tendance à se faire une image parfaite de leurs enfants. Et j'étais, un peu malgré moi, celle qui venait de briser cette image.

Finalement, après une minute de silence, elle m'a demandé :

— Est-ce que c'est l'amour avec un grand A?

Sur le coup, j'ai été déstabilisée par cette question. Le temps de reprendre mon souffle, j'ai dit un simple :

— Oui.

Le craquement du plancher sous ses pas m'a fait sursauter. Cela voulait dire qu'elle avait tout entendu. Et que sa mère a su en même temps qu'elle, que j'étais en amour avec. Je n'ai pas osé me retourner de peur qu'elle rejette du revers de la main ma déclaration d'amour.

J'ai senti sa main se faufiler dans mes cheveux.

— Maman, déclara Geneviève. Tu le sais maintenant. Désolé de l'avoir caché, mais Julie et moi, on est un couple. On s'aime.

Sur le coup, je me suis sentie aussi légère que l'air. D'entendre que mon amour était réciproque semblait m'avoir donné des ailes. Je me suis levée, je me suis retournée pour lui faire face. Et pendant un instant, j'avais l'impression que nous étions seules au monde. Je l'ai agrippé et je lui ai donné un long baiser.

Bon, ça l'a un peu indisposé sa mère, parce qu'elle s'était levée en catastrophe et elle s'apprêtait à partir lorsque Geneviève l'a retenu. Et finalement, on est allé manger tous les trois à un café plus bas sur la rue. Au début du déjeuner, elle semblait ne pas savoir quoi dire ou quoi ne pas dire. Mais elle s'est rapidement aperçue qu'on avait une belle complicité, qu'on se rejoignait sur beaucoup de points. Et à la fin, je crois qu'elle avait fini par m'accepter.

Bien entendu, sa mère n'a pas pu résister à le dire à son entourage. Le soir même, son père, ses quatre soeurs, son frère, (et les cinq conjoints, conjointes) se sont pointés chez elle pour que les présentations officielles soient faites. Et aussi pour savoir si Geneviève était le gars ou la fille du couple... C'est fou, mais je n'avais pas réalisé à quel point elle avait une grande famille!
Bon, du côté de ma famille, Lili et mes parents ne sont pas encore au courant. Est-ce que vous avez de bonnes idées? La semaine prochaine je monte à Québec pour la fin de semaine. J'aimerais que l'annonce et les présentations soient originales si possible. Des suggestions?

3 commentaires:

Anonyme a dit...

Je le savais!

Isa a dit...

Y va faloir que tu nous la présente à nous aussi !

Hein les filles !

Anonyme a dit...

Moi, je dis que tu devrais simplement lui dire (a tes parents)